La VS01
Par Dame Jo le mardi 18 septembre 2001, 09:07 - Récits Dame Jo - Lien permanent
Chocolat, neige et colchiques ...
Ou la belle balade helvétique.
Salut, l'Ami(e) ! Ferme les yeux et accompagne-nous vers Evolène, (en Valais, canton suisse). Joli nom, Evolène : cela évoque, pour Dame Jo, la grâce aérienne : envolées de papillons, danses de fées Clochettes et aussi, (nostalgie) la 1ere voile de parapente du Philo : une Marboré aux couleurs d'arc-en-ciel ...
Mettons un concerto pour clarinette de Mozart afin d'accompagner la balade. Allons-y !
Quittant Manosque en habits de
spationautes ( Voui ! Il pleut aussi chez nous, quelquefois ) nous avons pris
la direction de la Haute-Savoie. Qu'on se le dise, même sous la pluie, à
condition que celle-ci ne soit pas trop méchante, la montagne a du
charme.
Découvrir le Beaufortin, les Saisies, c'est quelque chose ! Mais il fallait
rouler très zen : verglas noir oblige …
Une fois en Suisse , après une plongée rapide sur Martigny, tu découvres des vignobles et encore des vignobles en coteaux, si pentus que tu te demandes : " combien de dahus les Suisses ont-ils apprivoisés pour les vendanges ? " Une fois dans la plaine, voilà encore des vignes et des pommiers et des poiriers à foison. Dame Jo, à la vue des pommes rouges pense à un vers du poète turc Nazim Hikmet, tiré d'un poème mis en musique :
" Mon cœur, comme une rouge pomme … " ( elle chante souvent dans sa tête, Dame Jo, sur le Vaporetto … Vu que, dans le casque … ) "
Valais, porte du soleil ", disent les panneaux, sur l'autoroute qui nous
mène à Sion. Hum ! Vent latéral, pluie pour le moment. Si bien que nous ne
sommes pas fâchés de nous dire qu'à 30 Km de là, dans la montagne, Evolène nous
attend, où nous allons retrouver Viviane, Elodie, Juan, un de leurs amis
suisses, Isabelle, Georges, Haroun el Poussah, Pascal , Ghislain et Tintin,
mais aussi nos courageux Belges auxquels les Km ne font pas peur … en voiture
!
Nous passons devant la colo sans la voir. En revenant sur nos pas, voilà
Ghislain qui nous fait de grands signes, nos hôtes viennent à notre rencontre
pour un accueil très chaleureux. Un peu plus tard, dans la soirée, arrivent
Olivier, Fast Philou, Manu et l'inénarrable " Jasper ", petit terrier blanc
plein d'humour, un brave mec de toutou qui fait la joie de toute la bande. Et
puis Mash , qui n'a pas chaud et notre Serge/XX, frigorifié, qui déclenche
l'hilarité générale en allant s'asseoir sur le radiateur, aussitôt entré dans
la grande salle.
Jésus arrivera tard, ce soir. Rackham et Marika, en pleine nuit et en
musique.
Ce soir là, après une dégustation et une comparaison des chocolats belgo-suisses, une scène fait rire aux larmes Dame Jo : imagine ce qu'elle voit par l'ouverture du passe-plat, entre cuisine et séjour ( au fait, la colo d'Evolène, c'est rudement chouette ! ) le bondissant, l'infatigable Ghislain, torchon à carreaux bleus en main, qui, transformé en Karatéka du genre " YamamotoKapadraté " provoque Elodie, elle aussi " armée " d'un torchon. Cris stridents, feintes, couinements, attaques, contre-attaques. Et " Jasper " ,sidéré, qui s'en va voir dans la cuisine si les " deux pattes " ne sont pas devenus fous … Avant de se mêler au jeu. Y a d'l'ambiance !
Le lendemain nous offre le SOLEIL ; ciel
bleu, sommets déjà enneigés. Haroun consulte la météo : nous pourrons faire la
balade prévue par nos amis : belle et longue chevauchée alpine qui nous verra
grimper successivement la Nufenen Pass ( 2478m), le Saint Gotthard (2108m)
par la route pavée, la Susten Pass (2259m) et le Grimsel (2165m). Chaque col a
son lac, bleu acier. Ses rocs enneigés, hiératiques, qui te disent clairement
que tu es tout(e) petit(e) sur ton cheval mécanique. Tu es impressionné(e). Un
car postal jaune vif monte vers la Susten Pass, loin au-dessus de toi : cela a
quelque chose d'irréel. Et tu n'as encore rien vu car soudain, au détour d'un
virage, c'est une vision futuriste qui t'attend : l'Ile Mystérieuse de Jules
Verne, rocher sauvage au-dessus du Grimselsee, lac de barrage aux eaux d'un
vert glauque. Un hôtel y est construit, que tu ne vois qu'ensuite, face aux
monts enneigés. Juste à ce moment, le soleil couchant l'éclaire. Brrr ! Cela
donne la chair de poule.
Chocolat chaud pour (presque) tout le monde, une fois au col. Entre deux nuages
et des sifflets de marmottes. Coup de chapeau, en passant, au courageux Tintin
qui a franchi et descendu tant et tant de virages avec son kipu. Même si les
courbes sont merveilleusement étudiées, il faut le faire !
A la descente du Grimsel Pass, nous
retrouvons forêts, villages, chalets fleuris dont certains, très ouvragés,
ressemblent à une dentelle de bois. Les chalets les plus anciens sont eux aussi
soigneusement entretenus. L'amie des plantes s'extasie devant la quantité
d'arbustes, de fleurs et de légumes qui poussent dans des jardins de
poupées.
Nous venons, mine de rien, de parcourir quelque 400 km.
Sus à la raclette - excellente - Et gros dodo , très vite, pratiquement pour tout le monde.
Dimanche pluvieux. Qu'importe !
Tandis que les uns s'en vont, avec Viviane et Juan, voir le barrage de la
Grande Dixence, avant une pause pique-nique au chalet familial, les autres, nez
en l'air, se tâtent pour enfiler ou non la combi de pluie. Jésus, Mash et
Olivier prennent congé : boulot Lundi ! Fast Philou et Manu sont déjà repartis,
tôt ce matin, pour la même raison. Ce qui embête le plus Haroun, c'est que s'il
enfile sa combi, on ne pourra plus voir ( c'est lui qui guidera la troupe
aujourd'hui ) l'admirable " string rouge et noir " ( dixit Juan ) qui lui
protège le coccyx.
Vent latéral, pluie, mais nous serons, au final, bien récompensés à l'issue d'une journée riche en découvertes, en imprévus : la course de côte d'Ollon-Villars, juste ce jour là, qui voit se succéder, motos, sides ( ah ! les singes acrobates !), voitures de courses, jeunes et moins jeunes. Jamais vu tant de barbus au poil gris aux poignées ou au volant ! Tout cela généralement souriant, saluant au passage - Spectacle très sonore et coloré -
Nous avons trouvé la neige au Col de la
Croix (1727m) et tenu un (mini) po-wo avant de redescendre ( on ne peut plus
calmement, tu t'en doutes) vers les Diablerets, très jolie station de ski. Mais
aussi lieu de vacances estivales. On y mange très bien ( civet de chevreuil
pour plusieurs de ces messieurs, croûtes aux fromage ou aux röstis pour les
dames … et des steaks frites pour les inconditionnels ), l'accueil fut
excellent, tant de la part du personnel que des clients.
Sache que Le Philo aurait mangé (et fait pipi !) en combi de pluie ( tirette de
fermeture éclair pétée ) si l'obligeant patron ne lui avait fourni deux
trombones ( on ne sait jamais …)
Bien lestés, nous franchissons le col du Pillon (1546m), pour aller en direction de Gstaad puis, toujours sous la pluie, nous traversons Château d'Oex, Rossinière ( village natal de Viviane ), avant de nous diriger vers Gruyères : arrêt obligatoire tant la ville médiévale a d'allure sur sa colline, bien entourée de grands arbres. Beaucoup de touristes, dont les inévitables Japonais, stupéfaits devant notre troupe d'extra-terrestres … qui, elle, s'interroge devant des sculptures étranges ( voir les photos du Philo ) " Alien " est passé par là !
" J'ai froid ! je suis frigorifié ! " ( c'est Georges qui parle )
" Si on allait boire quelque chose de chaud ? "
Ah ! l'Ami(e), ça pour boire, on a bu ( chocolat viennois pour les uns, chocolat tout court café ou thé pour les autres ) mais surtout, ILS ont goûté ! Mélange de fruits rouges ou framboises à la crème double, servie ( la crème) dans un joli baquet avec cuiller en bois.
Gulp ! Gloup ! Miam ! Ah ! les gourmands !
( " Dis donc, Dame Jo, t'en as pas fait autant ? - Ben non, mon gars ( ou ma
jolie ), j'ai juste goûté les fruits en sirotant mon thé sans sucre. Pas de
regret, je n'suis ni la voie lactée ni la voix sucrée " )
ILS faisaient plaisir à voir, surtout Haroun et Ghislain. Une pensée émue pour
Serge/XX, qui avait raté ça. ( En photo, c'est pas pareil )
On était bien dans cette auberge aux jolies boiseries, aux chaises à dossiers
sculptés de hérons, servis par des dames et demoiselles en costumes locaux :
corselets noirs, corsages blancs à manches froncées, jupes un peu longues et
tabliers pastels. La troupe y serait bien resté plus longtemps, n'était
l'heure.
Le Lac Léman nous réservait un de ces
éclairages dont il a le secret : rais de soleil argentant l'eau - soleil
mouillé, soleil quand même … Nous en avions vu de belles choses !
Retour calme à Evolène, pour partager avec les amis, lesquels avaient, eux
aussi, des choses à nous raconter. Nous ne nous sommes pas couchés très tôt, ce
Dimanche soir, à l'inverse de la veille, et malgré les quelques centaines de Km
parcourus. Avions mangé …du lion ! ( A la crème, bien entendu ! )
Il allait pourtant falloir songer à
prendre congé … Rackham et Marika, courageusement, partirent après le dîner
pour regagner Liège. Serge/XX, Isa et Georges, Pascal, Le Philo et Dame Jo, sur
le départ, le lendemain, ouvraient les rideaux sur … la neige.
Flocons blancs sur colchiques mauves, dans les prés d'Evolène.
Merde, alors ! Et cela s'accentuait.
Les cieux étaient pourtant avec nous car la neige ne tenait pas et cessa de
tomber vers 9h.
Après de très grosses bises aux zuns et aux zautres et des remerciements à nos
hôtes et guides pour tant de gentillesse, nous avons regagné nos pénates
manosquines, trouvant le soleil et le grand bleu à Grenoble, ainsi que le vent
qui va avec, en cette saison. Pas chaud du tout.
J'ai oublié de te dire, l'Ami(e) ce qu'un Suisse moustachu nous a confié, aux Diablerets : " L'hiver sera rude car les sorbiers sont très chargés en baies, cette année. " Effectivement, j'avais admiré les sorbiers des oiseleurs, aux fruits rouge orangé, si beaux dans les paysages forestiers.
Plutôt que d'emprunter bêtement la
nationale 96, Le Philo a obliqué, après Sisteron, vers St Etienne les Orgues ;
les pentes de Lure ( douces dans l'adret) nous abritaient du mistral.
C'est là que j'ai constaté une avancée à pas de géant de l'automne, bien plus
précoce qu'en l'an 2000. Nos petits chênes ont déjà leur feuillage d'hiver,
tout fripé, qui ne tombera qu'au printemps. Ça sentait le peuplier mouillé et
le feu de bois. Bientôt les foires aux truffes !
P.S. 1: Très efficaces par temps de pluie, les gants d'hiver Ségura, ( j'en ai étrenné une paire, ce week-end) mais en altitude, surtout lorsqu'il neigeait ( Forclaz et Montets ) la passagère du Philo, pourtant peu frileuse, a tout de même eu froid au bout des doigts. Affaire à suivre …" Colchiques dans les prés, Fleurissent, fleurissent … "
Mouvement lent du concerto pour clarinette de Mozartet salut à tous, Suisses, Belges, Français,avec un grand sourire de
Dame Jo , l'enneigée d'la moto.
P.S. 2: Les huiles essentielles ont encore fait … des pieds ( un pied pour le Poussah ) et des mains ( deux pour Viviane ) pour tâcher de soulager des tendinites. Aux ostéopathes de prendre le relais ! A vous Tromph, Franck et les zôtres !


