La BG01
Par Le Philo le mardi 16 octobre 2001, 21:30 - Récits du Philo - Lien permanent
Dame Jo n'étant point venue, je m'y colle.
Pour commencer, j'avouerai que nous sommes ( Benoît et moi ) battus à plate couture : il nous aura fallu seulement deux ou trois mails pour fixer le rendez-vous.
C'est le matin du vendredi, vers 7h que je constate que mon réglage de phare est un chouia bas. Pas grave, il va faire clair dans pas longtemps. La chaussette AR changée la veille voudrait que j'adopte un rythme adapté à son rodage. Mais quand, à peine à 500 m de chez toi, ça commence par une montée de col, c'est dur de résister bien longtemps. A peine le temps de respirer les senteurs fraîches du matin qu'Apt n'est plus qu'un souvenir.
C'est parti, Benoît ouvre jusqu'à Privas : c'est son terrain de jeu. Forcément, on ne pouvait pas rater la boulangère du Cheylard, alors à nous la vallée de l'Eyrieux. Ca gazz, mais tous les droits à l'ombre sont bien humides, modérant un peu la banane sous le casque.
Direction St Agrève, et c'est là, dans la montée que la Gondole me fait un pet digne d'un Gargantua venant de se farcir un cassoulet chez la Peste. D'abord incrédule, il me faudra bien quelques kilomètres pour constater que c'est bien ma brèle qui pète. Elle réitérera plusieurs fois cet " exploit " pendant le week-end, mais de retour dans sa Provence, finis les prouts, affaire à suivre .
Après l'Ardèche, la Haute-Loire nous voit passer en direction de la Loire. Petit resto sympa à Unieux à l'entrée des gorges de la Loire et sa route en Balcon. Rejoindre Feurs et Roanne par les interminables lignes droites serait mal venu, alors, cap sur Tarare pour une remontée plein Nord à travers les monts du Lyonnais. On empruntera un bout de l'itinéraire du Virolothon, sous le soleil, cette fois-ci ! Un coup d'oeil au château de La Clayette, puis Charolles et bientôt les contreforts du Morvan se précisent. Finalement comme on n'a pas trop traîné en route, on s'offre une arrivée à Anost par les Gorges de la Canche et leurs sous-bois tapissés de feuilles humides et de châtaignes. Pas moyen de louper l'hôtel : c'est écrit en gros dessus ; de plus sont garées là, une 1150 GS noire et une Bimota . Les léchouilles de Jasper nous prouvent qu'il n'y a pas d'erreur : les potes sont bien là !
Je vous passe l'intendance gîteuse. Les discussions vont bon train en attendant le gros des troupes. Les tanches bretonnes et les nombriliens ne sont pas encore arrivés. Il faudra attendre que l'odeur de l'apéro les fasse venir, à moins que l'envie de tester les gravillons humides à la lueur des phares ne leur soit une irrésistible volupté.
Repas, ambiance, photos, rires, et bonne
humeur sont de la fête, d'autant plus que le troupeau est au complet puisque
Djeel vient d'arriver ! Et avec de l'avance sur ses prévisions, en plus
!!
Après les cafés, direction la salle commune du gîte pour la dégustation des
divers liquides qui ont fait le voyage dans les fontes des cavaliers.
Les photos prises à cette occasion laissent deviner que tous les " bizarres "
n'étaient pas frelatés ;-))
A une heure avancée, je m'éclipse, mais petite erreur tactique, après que
Serge, avec qui je partage la chambre, s'est déjà endormi. Je profiterai donc
encore un peu du bruit du moteur avant de céder à un sommeil réparateur.
Réveil en fanfare grâce à la musiquette que
Japy fait sonner dès 7 heures. Un coup d'oeil dehors, la lumière s'insinue
doucement dans les bois, aux alentours, révélant quelques brumes dans les fonds
de vallées. Cela ne devrait pas durer, la journée s'annonce splendide.
Après un petit-déjeuner à la confiture
maison, rassemblement du troupeau pour le viron. Trois groupes se forment,
histoire que chacun puisse rouler à sa main. Ayant cru comprendre, pendant
l'échange de quelques posts précédant la rencontre, que Vince aimerait bien
rouler avec moi, j'intègre le groupe des lapins.
Premier émoi lorsque Benoît tord copieusement sa clé en faisant son plein
d'essence. Oui, les doubles sont à Bagnols . Séance lissage de métal mou, et
c'est reparti ! Le temps de chauffer les moulins et les boudins, le rythme
s'accélère et mon suivant a tendance à disparaître de mes rétros. Je laisse
donc les lapinos se dégourdir les bielles, et j'adopte une allure qui va bien
pour le gars qui suit. Tout cela nous mène au sommet du Mont Beuvray où la
table d'orientation ressemble à un bouclier.
Que voulez-vous que fît cette troupe de Gaulois, si ce n'est de jucher l'un des siens sur ledit bouclier ! Le type avec la gueule de l'emploi fut assez vite trouvé, non sans l'aide de la gent féminine, d'ailleurs ! C'est comme ça que je me retrouvai à haranguer mes fidèles compagnons contre d'improbables Romains, venus s'égarer sur ces terres.
Cette promulgation au rang de chef
Gaulois ne m'empêcha pas de continuer à jouer le poisson-pilote pour Vince,
jusqu'à la pause troquet, à Château-Chinon. Là , Tricé loupe la photo de mon
strip tease sur la place pour cause de : " il fait plutôt bon dans les blousons
" Encore un peu de virolos et c'est l'arrivée au resto du lac des
Settons.
Nous ne mangerons pas en terrasse, Aux Terrasses, pour cause d'intendance. Tant
pis !
Pendant le café, moi qui n'en prends pas, je suis invité par Tricé à un petit
galop d'essai de la RT. Essai qui aurait dû se faire à la NC01 si un certain
orage et un certain Karter Killer ne s'en étaient mêlés.
C'est parti pour le tour du lac. Bon,
c'est une brèle à deux roues, je suis pas trop dépaysé. J'ai en tête les essais
des journaleux concernant les freins et les recommandations du proprio. Aussi,
je fais gaffe de chez gaffe ; faudrait vraiment pas se croûter maintenant !
Finalement, ça va plutôt bien et le : " ah ! mais c'est là qu'il faut tourner "
me donnera l'occasion d'y aller franco sur la poignée pour constater que pour
freiner, ça FREINE ! !
Un peu de joujou avec la bulle électrique, un demi-tour de l'autre côté du
barrage pour tester les manoeuvres lentes , et c'est déjà fini, le tour est
bouclé. C'est un peu bref, mais je ferais assez facilement un béhémude s' il y
avait un concess digne de ce nom pas trop loin de chez moi.
L'après-midi me voit pourvu d'une
passagère ; sentant bien que Philou avait envie de se Zenifier en solo,
j'embarque Elodie. Le temps d'un demi-tour de lac et le nouveau tandem est en
phase pour le reste de la balade. L'allure sera même un chouia meilleure que le
matin, mon suivant ayant l'air plus à l'aise.
Bon ! il changera tout de même de groupe après la pause, à
Quarré-les-Tombes.
Le temps de discuter avec Pascal qui permute avec Vince et Hop ! a plus de
groupe . Nous voilà donc partis à trois sur la fin du RB. En fait, le reste des
lapins est allé ravitailler en essence avant de continuer, et moi, je cours
après un lièvre qui est en fait derrière !
On ferra un petit accro au RB en allant ravitailler à Saulieu et en rentrant
vers Anost par une petite blanche bordée de vert. Cela nous permettra de
contempler un magnifique château révélé au détour d'un virage.
La journée de roulage s'achève et ma passagère n'a pas l'air déçue : oserai-je
supporter la comparaison avec son cavalier du matin ? .
C'est un peu avant le repas, en
discutant des différents emplois du temps de chacun pour le lendemain, qu'une
idée aussi sotte que grenue me traverse l'esprit. " Puisque Dame Jo et moi ne
pourrons pas monter te dire au revoir, viens donc faire la bise à Jo, à
Manosque ", soufflé-je dans l'oreille de Frapi , sur le ton de la
déconnade.
Bingo ! cette option d'un retour Morvan Paname via Manosque a fait un adepte
heureux !
Et c'est un RB made in Frapi-Philo qui est concocté. On évitera le péché de
gourmandise, mais il nous aura fortement
tenté !
L'hôtel Fortin cachait en son sein un
pub. Billard, profonds fauteuils en cuir, vitraux, décoration à
l'avenant.
Un truc sympa, qui fut ouvert pour nous permettre de passer une agréable
soirée. Si celle-ci fut, à coup sûr, bien appréciée de tous, elle fut, aussi,
plus courte que la veille. Un petit coup de fatigue, peut-être .
Le village d'Anost ménage ses habitants,
l'église ne sonnant qu'à partir de 8 heures. Préparatifs, petit-déjeuner
sentant la séparation, poignées de mains chaleureuses, caresses douces à
Jasper, bises à ces dames, et c'est le départ sous un ciel plombé.
Direction Autun, Macon, Bourg-en-Bresse, Nantua. Par du roulant car les bons morceaux sont pour l'arrivée. Ce sera du roulant mouillé. La pluie nous lâche pour la descente sur la vallée de l'Ain. Nous rejoignons Belley par la D31. Repas en terrasse à la brasserie, où Frapi trouve les prix assez parisiens !
C'est maintenant que le bon commence : La montée, puis la descente vers le lac d'Aiguebellete. A St Laurent-du-Pont petit powo pour savoir si l'on va céder au péché de gourmandise. Vu l'heure, le but du jeu étant que Frapi voie Jo autrement qu'endormie, nous strappons une partie de la Chartreuse. Un petit passage dans Grenoble et nous voilà au pied de la montée pour Villard de Lans. Frapi ouvre ; me sentant collé à ses basques, il me fait signe de passer. Egoïstement, je fais la montée à ma main, sans me préoccuper de mes compagnons qui disparaissent des rétros. C'est comme ça que je ne verrai pas le gars en SV batailler pour essayer de suivre une gondole qui s'allège de quelques grammes d'alu à chaque virage. Au sommet, je rends la main ; le SV passe sans un regard, et un Benoît hilare me rejoint en me racontant les efforts du jeunot qui vient de se faire enfumer par un papy. Comment ça , pas charitable ?.
La traversée du Vercors se fait comme dans une séquence onirique. Les virolos s'enchaînent avec une fluidité rarement atteinte, le tout dans des couleurs d'automne splendides. Les potes sont loin dans les rétros, mais ils y sont. Pas un seul moment je ne regarderai le compteur ; seule est présente la sensation de ne faire qu'un avec la machine. Le tunnel du Rousset nous ouvre les portes de la Provence.
Un arrêt côté Sud, histoire d'indiquer à Dame Jo une heure estimée d'arrivée, de serrer une dernière fois la paluche de Benoît qui prend vers l'Ouest à Die, alors qu'avec Frapi, nous continuons à l'Est, par le Col de Cabre.
Le Saut de la Drôme dans le soir couchant, la montée du Col de Cabre sur un billard ( excepté les deux ou trois derniers kilomètres un peu gravillonneux ) nous offrent encore de bons moments. La redescente sur Aspres me permet de me remémorer mes activités parapentesques sur cette montagne, là sur notre gauche. Ne rêvassons pas trop, il faut demeurer vigilant. La nuit nous cueille à Sisteron, où je repasse devant, histoire d'éclairer la route de façon décente.
Après un excellent week-end en votre compagnie, nous voilà à la caverne du Druide où la Druidesse peut accueillir chaleureusement son bon pote, venu lui faire une bise, juste comme ça, en passant ...


