La NC03 des passagers du Paquebot ou Ode à l'Auvergne
Par Dame Jo le lundi 16 juin 2003, 21:00 - Récits Dame Jo - Lien permanent
Salut l'Ami(e) !
A peine rentrés de la NC03, nous repartions, Le Philo
et moi, pour l'AC03, dans le Jura, juste le temps de faire une lessive, quoi !.
Voilà qui explique à Jésus
( et à quelques zôtres ) que Dame Jo ait un peu tardé à envoyer ce CR.
" Mais, tu ne vas pas oublier des détails ?
- Que nenni. Ma mémoire est bonne: il faut continuer à l'entraîner "
Je nous revois, en route pour Chaudes-Aigues, en
compagnie des grands sudistes. Après nous être fait traiter de "lopettes" par
MyDreamy, qui avait poireauté un peu à Alès, près de sa jument grise, la faim
nous tenaillant, nous trouvâmes à l'Affenadou, près de La Grand-Combe, un
"boui-boui bien crado", qui aurait comblé d'aise l'ami Pierrot ( Perret); mais
faut pas s'fier aux apparences : si les murs étaient délabrés, les mecs un peu
bizarres, la gentillesse, elle, valait son pesant d'or
( pas comme dans le Jura suisse, comme tu le constateras dans le CR suivant ...
) Les gars du "Penalty", lointaines copies de Ronaldo nous offrirent même le
café, avec de larges sourires. Nous nous trouvions encore dans les Cévennes
lorsqu'un petit orage aviva les senteurs : genêts, fleurs de carottes sauvages,
herbes fleuries, miel des fenaisons : je jubilais devant la griserie des
copains. Les villages gris de Lozère plus beaux les uns que les autres nous
comblaient d'aise.
L'accueil, au Belvédère, et les retrouvailles furent on ne peut plus chaleureux ( dans tous les sens du terme, le grand été passant par là en avance ). Dame Jo en profita pour faire risette aux bébés ( que les néo-parents avaient amenés à la NC) , lier connaissance avec Jimaflo, Ze Patty et Zéro, Sprintex et madame, Robin des bois. On se sent très euphorique, dans ces moments-là, on voudrait pouvoir parler avec tous en même temps.
Prête de bonne heure, le lendemain matin, une petite troupe de lièvres rêvait de l'Aubrac ... Le Philo ouvrait. Il avait prévenu Big et Fast ( les Philous ) Vince, Serge/XX, Lézard Vert et Manu :
" Je vais bouchonner ;-)) "
Ben ma foi ! Il n'en fut rien sur ces chemins-serpents
où le moindre écart peut vous expédier prendre un bain dans la rivière ( dans
le meilleur des cas ) et brouter des joncs au grand étonnement des grenouilles,
vaches, chevaux. Je m'accrochais ferme, tu peux me croire, ayant peine à
imaginer que les Vrôôôm Vrôôôm de horde sauvage, derrière nous, n'étaient
autres que le chant suave de la BCR de Serge/XX ...
Malgré nos cabrioles, cela ne m'empêchait pas de trouver sublime le paysage :
sous un ciel diaphane, à perte de vue, des champs clos couverts de narcisses
faisaient oublier la sévérité habituelle et même, l'âpreté de cette contrée.
Soudain, alors que nous descendions vers la vallée du Lot, un grand troupeau de
moutons tout nus nous incita à la pause, ce que nos postérieurs apprécièrent.
L'imagination de certains allant bon train, ils voyaient des chèvres, d'autres,
des Romains. Pourquoi pas des moulins à vent, pendant qu'on y était ! Les
moutons les plus gourmands resquillaient sur les talus ... Et moi je lorgnais
les vrais bleuets dans un champ de blé tout proche pendant la pause-pipi. Un
brave Auvergnat manqua reluquer mes fesses.
En selle ! Nous arrivâmes en Aveyron, où un joli village, St Geniez d'Olt, ses platanes, son café de la Paix nous firent signe, comme les violettes, à M. le Sous-Préfet aux Champs ... comme ça juste pour nous rafraîchir ... On était si bien, là, sur les bancs ... Presque on y déjeunerait ... ET puis le patron était motard et exposait, au-dessus du comptoir une fière collection de motos miniatures. Tous les prétextes étant bons, nous restâmes. C'est alors qu'une donzelle trentenaire (?) aux sphères rebondies, en brassière, short à moustache mais chaussée de godillots sur lesquels retombaient les chaussettes, se crut obligé, pour se donner l'air sportif, de se mettre à courotter en susurrant à ces messieurs, l'air enjôleux, la voix flûtée : "Savez pas où y'a une boulangerie ? " Quel dommage que tu aies loupé les réponses. Les copains, savants sans le savoir, filèrent la métaphore à coups de "miches", " pétrissage " etc ... Hilare, je songeais à la vieille chanson , si bien rénovée par Barbara :
" Elle vendait des p'tits gâteaux "
" Fallait voir comm' elle sautait "
" ses deux p'tit brioch' au lait "
Notre éducation se trouva parfaite par le patron, lequel apprenant que nous venions du Cantal, nous déclara avec fierté que " Les Cantalous et les Rouergats, c'était pas la même chose !"
Que calor ! Madre mia !
Nous croisâmes à Estaing, les novis ( Marika et Rackham
). Conques était encore loin, qui se méritait par cette chaleur. Dame Jo,
pélerin en cuir, y perdit son foulard de soie noire ... Puisse-t-elle y avoir
laissé une partie de ses peines ... La vue sur les toits bleus, qu'on surplombe
en descendant vers le village, fit oublier la canicule et la soif qui va avec.
Dire que pendant que je m'extasiais au soleil, Manu découvrait, dans un parking
bien noir, que l'un de ses pneus était crevé ... Trois des copains repartirent
avec elle pour Aurillac. Le reste de la troupe regagna en virolant ( " Que du
bonheur ! " dit Vince ) le Belvédère en rêvant douches, jets d'eau, piscine ...
( Pour cette dernière, fallait encore patienter : un artisan en posant la
bordure. )
L'Aligot nous attendait. Imagine le chaudron pour 166 personnes. Nos hôtes le préparèrent devant nous. Touille, touille, touille ! Vivat les Auvergnats ! Big Philou tenta de prendre la relève de la dame spécialiste, suivi de Tromph qui tint un peu plus longtemps. Et soudain, le miracle se produisit : le mélange purée de pommes de terre, tome fraîche fila, fila. Les onnaisseurs nous conseillèrent de déguster bien chaud, sans boire d'eau, pour éviter la lourdagne. Après ce festin je traversai le " Purgatoire " ( Salle aux bizarres embaumée de mégots, délicatement ornée de gobelets en plastique vides. Ah, les fainéants, faut qu'je l'dise ! ) et m'en fus me coucher tôt pour être d'attaque le lendemain.
Cela commença dans la bonne humeur, Serge/XX étant très en verve à la table du p'tit déj'. Au programme de ce Samedi 31 Mai 2003, les Puys et les lacs, déjà bien connus du Philo et de Dame Jo. J'ai retrouvé avec joie l'émeraude du Lac Pavin, raconté à Fabienne de Beaucaire la légende du village englouti, ou comment le diable s'étant fait musicien entortilla si bien les habitants moqueurs qu'ils dansèrent, dansèrent, dansèrent, oubliant la messe, creusant le sol à force de tourbillonner. On dit même que le plus vieux poisson du lac porte encore sur son dos l'image d'une cloche et d'un violon. Bien sûr, le violon du Diable ...
Besse en Chandesse, Murol et son Château costaud, le Lac Chambon, le Col de la Croix Morand, redescente pour le Mont-Dore sous la chaleur, où des gendarmes encadraient des motards en herbe, âgés de 8,9 ans ... Le Sancy majestueux au-dessus de la ville ...
Après une vaine tentative pour trouver un restau
sympa, à l'ombre, au bord du lac de Guéry ( la perle rare existe mais était
déjà retenue pour les conducteurs de vieilles voitures rassemblées au
Mont-Dore. Rutilantes, les mamies ), nous repartions pour la montagne et
avisions une pancarte fort sympathique : " Le Salon du Capucin "; je pensais à
mon ami Djeel, cet impie qui ne manquerait pas de ricaner, s'il était là. " Ah
! Ces moines moinant de moineries. Se r'fusent rien ! " .
A l'orée de la forêt, un restau campagnard nous accueillit. Un vrai berceau de
verdure l'entourait. Que de beaux arbres ! Les parasols étaient verts, comme de
bien entendu. Seul un hêtre pourpre tranchait sur l'ensemble. Que peut bien
être le Capucin ? Sûrement ce grand rocher là-bas - avec son salon, la
clairière. Je me plus à imaginer un autre "capucin", à longues pattes et
longues oreilles, celui-là ( le lièvre, qu'on nomme parfois " bouquin" ou "
capucin") folâtrant au clair de lune dans son salon vert...
A ceux qui regrettaient un peu de n'avoir pu contempler de plus près les belles ancêtres à quatre roues, notre "Pépé" qui menait la troupe, avait rétorqué : " Mon estomac n'attend pas ! " Devant l"accueil sympa et la bonne chère, au Salon du Capucin, on ne voyait plus que des gens satisfaits. Chou farci pour les uns, entrecôte sauce au Bleu pour les autres ... Plus d'un lorgnait ensuite les chaises longues invitant à la sieste ...
Allons ! En route par Mauriac pour un ravitaillement
des machines, puis Salers,où se déroulait un triathlon qui avait attiré une
foule monstre. La vallée de Néronne, son col; enfin, la fraîche forêt, une
vraie bénédiction, dans la montée vers le Pas de Peyrol. Une autre meute de la
NC attablée avec des promeneurs du Puy Mary salua notre passage. Je pus juste
remarquer un tee-shirt rouge : Paco !
( Lequel me fit bien rigoler, ce soir-là, en jouant aux chaises musicales avec
Kali, en rouge lui aussi. )
A la descente, je retrouvai certaine petite route tape-cul déjà expérimentée en Septembre 2002 et constatai qu'elle était fidèle à elle-même. Christelle nous fit rigoler en nous disant, une fois arrivée au Belvédère, qu'elle avait su que sa moto remuait bien en voyant son ombre tressauter sur la route.
Bises et rebises, le lendemain matin, dont une très
grosse, de Géné et de Dame Jo à Sandrine, notre bonne hôtesse.
Notre voyage de retour fut un vrai plaisir. Le Philo nous régala, entre autres,
d'une balade bucolique sur une petite blanche ( la D5 ) entre Serverette et St
Denis-en-Margeride ( la connais-tu, Frapi ? ) Châteaux perdus, villages
d'avant, prés fleuris, le long de la Mézère ... Le rêve !
A Langogne, je m'étonnai de lire sur la porte d'une
boutique : " Nous achetons les narcisses à partir de Mardi " et appris, par la
suite, qu'on les cueillait avec un outil spécial pour les expédier aux
parfumeurs de Grasse.
Patix et Béa, Fun et Marmotte, Duvalben, Lokh, Fred, tous partants pour un
pique-nique, s'extasièrent devant les bonnes choses de la célèbre boutique
Puzzi, à Lanarce. Peu après, plus ou moins allongés dans les pensées sauvages,
entourés de genêts, dans la montagne ardéchoise au-dessus du Col de la Chavade,
nous n'en finissions pas de savourer le moment présent. Nous guettions bien, du
coin de l'oeil, certain nuage gris qui ne nous disait rien qui vaille. Mais
celui-ci nous épargna.
Nous saluâmes l'ami Tonin, à Thueyts; la troupe se sépara en deux
groupes.
Finie la NC03 ... Vive la NC04 !
Une semaine plus tard, Le Philo et moi retrouvions Lokh, Fred, Florent et Nath, en fanfare, à Château-Arnoux, pour partir vers le Jura, mais ceci est une autre histoire, que tu découvriras bientôt si tu en as envie.
Avé le sourire et les bises de Dame
Jo
" l'ennarcissée "d'la moto.
PS : Pour trouver le " Salon du Capucin " prendre, à gauche, une petite route en cul de sac, environ 5 km après la sortie du Mont-Dore, sur la route de la Tour d'Auvergne ( D 645 )


